LA VOCATION DE GÉDÉON
Lectures bibliques : Juges 6 ; Hébreux 11.32
Les circonstances qui entourent cette vocation sont désastreuses.
La visite de l’ange de l’Éternel
« Puis vint l’ange de l’Éternel » (Juges 6.11)
La vocation de Gédéon, comme celle de tout homme, procède de la seule volonté de Dieu, qui choisit qui il veut, comme il veut, quand il veut. Jésus dit à ses disciples :
« Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres. Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui; mais parce que vous n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait. » (Jean 15.16-19)
L’élection précède la vocation et, dans l’une comme dans l’autre, l’homme n’a aucune part. « Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. » (Romains 9.16)
Le service selon la volonté de l’homme
et le service selon la volonté de Dieu
« Gédéon son fils battait du froment au pressoir pour le mettre à l’abri de Madian. » (Juges 6.11)
Ce verset nous donne de comparer la différence entre un service, fruit de la bonne volonté de l’homme, et un service qui procède de la volonté de Dieu. Par son zèle et son intelligence, Gédéon pouvait sauver un peu de froment, mais par l’Esprit de Dieu, il allait sauver tout un peuple.
Une période de découragement
« Maintenant l’Éternel nous abandonne » (Juges 6.13)
Gédéon converse avec l’ange de l’Éternel et lui fait part de son découragement, de son manque de foi et même de ses reproches envers l’Éternel. Au départ du ministère de Gédéon, il y a un acte de sincérité. Gédéon se présente tel qu’il est et ne craint pas de découvrir les pensées de son cœur. Le Saint-Esprit ne conservera de Gédéon que le seul souvenir de sa foi : « Et que dirai-je encore? Car le temps me manquerait pour parler de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephthé, de David, de Samuel, et des prophètes, qui, par la foi, vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l'épée, guérirent de leurs maladies, furent vaillants à la guerre, mirent en fuite des armées étrangères. » (Hébreux 11.32-34)
La reconnaissance de sa faiblesse
« Ma famille est la plus pauvre en Manassé et je suis le plus petit de la maison de mon père. » (Juges 6.15)
Une fois encore, nous découvrons le principe de 1 Corinthiens 1.26-29 :
« Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n'y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu'on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. »
L’honneur de Gédéon, c’est de reconnaître sa faiblesse. L’homme est faible et incapable de servir Dieu, mais il a de la peine à le reconnaître et à l’avouer.
Nous ne voulons pas renoncer à nous-mêmes et nous prétendons pourtant vivre la vie de Dieu ? C’est une impossibilité. Ce n’est que lorsque nous aurons reconnu notre néant, que nous en aurons une conviction profonde, que nous pourrons prétendre à la force de Christ.
La force de Dieu en nous
« Va avec cette force que tu as. » (Juges 6.14)
Notre force, nous l’avons vu, est insuffisante par elle-même, mais lorsque Dieu nous envoie et que nous obéissons à ses ordres, elle peut accomplir des exploits.
La demande d’un signe
« Gédéon lui dit: Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, donne-moi un signe pour montrer que c'est toi qui me parles. » (Juges 6.17)
Est-il légitime de demander à Dieu un signe pour qu’il nous confirme sa Parole ? Le demander, c’est affirmer que nous ne sommes pas pleinement convaincus de la personnalité de celui qui a parlé - méconnaissance de Dieu - de la réalité du ministère qui nous est confié. Gédéon eut par trois fois besoin d’un signe, ici (v.17) ; aux versets 36-40 :
« Gédéon dit à Dieu: Si tu veux délivrer Israël par ma main, comme tu l'as dit,
voici, je vais mettre une toison de laine dans l'aire; si la toison seule se couvre de rosée et que tout le terrain reste sec, je connaîtrai que tu délivreras Israël par ma main, comme tu l'as dit. Et il arriva ainsi. Le jour suivant, il se leva de bon matin, pressa la toison, et en fit sortir la rosée, qui donna de l'eau plein une coupe. Gédéon dit à Dieu: Que ta colère ne s'enflamme point contre moi, et je ne parlerai plus que cette fois: Je voudrais seulement faire encore une épreuve avec la toison: que la toison seule reste sèche, et que tout le terrain se couvre de rosée. Et Dieu fit ainsi cette nuit-là. La toison seule resta sèche, et tout le terrain se couvrit de rosée. »
Et dans 7.9-14 :
« L'Éternel dit à Gédéon pendant la nuit: Lève-toi, descends au camp, car je l'ai livré entre tes mains. Si tu crains de descendre, descends-y avec Pura, ton serviteur. Tu écouteras ce qu'ils diront, et après cela tes mains seront fortifiées: descends donc au camp. Il descendit avec Pura, son serviteur, jusqu'aux avant-postes du camp. Madian, Amalek, et tous les fils de l'Orient, étaient répandus dans la vallée comme une multitude de sauterelles, et leurs chameaux étaient innombrables comme le sable qui est sur le bord de la mer. Gédéon arriva; et voici, un homme racontait à son camarade un songe. Il disait: J'ai eu un songe; et voici, un gâteau de pain d'orge roulait dans le camp de Madian; il est venu heurter jusqu'à la tente, et elle est tombée; il l'a retournée sens dessus dessous, et elle a été renversée. Son camarade répondit, et dit: Ce n'est pas autre chose que l'épée de Gédéon, fils de Joas, homme d'Israël; Dieu a livré entre ses mains Madian et tout le camp. »
Cependant, l’épître aux Hébreux nous montre Gédéon comme un homme de foi. S’est-il racheté par la suite ou sa sincérité lui fut-elle comptée comme de la foi ?
La parole de Dieu reçue dans une pleine conviction devrait toujours être suffisante pour nous permettre d’aller de l’avant.
La conviction de son indignité
« Malheur à moi, Seigneur Éternel ! car j’ai vu l’ange de l’Éternel face à face. » (Juges 6.22)
Nous ne saurions trop souligner l’importance d’un contact intime et personnel avec Dieu et de son résultat : une conviction profonde de notre indignité. Qui n’a pas dit, une fois dans sa vie : « Malheur à moi ! », marque de l’expérience essentielle de la vie chrétienne et du ministère.
La nécessité de se compromettre
« Renverse l’autel de Baal qui est à ton père, et abats le pieu sacré qui est dessus. » (Juges 6.25)
L’étude de cette vocation se termine sur deux leçons importantes :
1. La nécessité de se compromettre.
2. La nécessité de commencer chez soi.
Il faut veiller à notre conduite au sein de notre famille. Gédéon dut se compromettre. Il faillit y laisser la vie. Mais comme il s’était compromis sur l’ordre de l’Éternel, Dieu le protégea. Se compromettre pour Christ auprès de notre famille et de nos amis est le premier pas vers un ministère béni. L’attitude énergique de Gédéon toucha le cœur de son père :
« Joas répondit à tous ceux qui se présentèrent à lui: Est-ce à vous de prendre parti pour Baal ? Est-ce à vous de venir à son secours ? Quiconque prendra parti pour Baal mourra avant que le matin vienne. Si Baal est un dieu, qu'il plaide lui-même sa cause, puisqu'on a renversé son autel. » (Juges 6.31)
Le revêtement de l’Esprit
« Gédéon fut revêtu de l’Esprit de l’Éternel. » (Juges 6.34)
Ce revêtement de puissance est indispensable. Sans lui, personne ne peut servir Dieu. Comme le soldat revêt sa cuirasse, le magistrat les insignes de sa fonction, le serviteur de Dieu doit être revêtu de la puissance du Saint-Esprit.
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