LA VOCATION DE SAÜL
Lectures bibliques : 1 Samuel, chapitres 8 à 10.
L’origine de la royauté
« Etablis sur nous un roi pour nous juger » (1 Samuel 8.5).
La royauté a son origine dans un double manquement :
1. le manquement de ceux qui avaient à charge de paître le troupeau de Dieu (1 Samuel 8.3)
2. Le manquement du peuple qui rejette Dieu et convoite l’organisation monarchique des peuples païens.
L’Assemblée de Dieu ne doit être ni une dictature, ni une monarchie, ni même une démocratie, mais bien une théocratie.
La fonction du roi n’est pas voulue de Dieu mais, puisque le peuple le veut ainsi, Dieu le suit dans son manque de foi et de consécration. Le ministère du roi aura donc, à son point de départ, un manquement.
Ce n’est pas toujours la volonté parfaite de Dieu qui s’accomplit, mais il permet certains faits à cause de la défection de quelques-uns.
Saül, un privilégié
« Saül, jeune et beau, plus beau qu’aucun des enfants d’Israël » (1 Samuel 9.2).
Saül était un privilégié, son père était fort et vaillant, lui-même était jeune et beau. Ce n’est pourtant pas à cause de cela que Dieu le choisit. Dieu ne choisit qu’à cause de sa propre volonté. L’histoire de Saül nous montre que ses avantages le desservaient plus qu’ils ne le servaient. Il convient de craindre davantage nos capacités que nos incapacités.
Attention lorsque celui que Dieu choisit est jeune, beau et de bonne famille. Combien il doit se garder d’attirer à lui au lieu d’attirer au Seigneur. Lorsque Dieu eut abandonné Saül et qu’il lui eut retiré son Esprit (1 Samuel 15.23), sa beauté et sa force ne l’empêchèrent pas d’être le plus misérable des hommes. Il nous faut craindre toujours plus ce que nous pouvons faire, que ce que nous ne pouvons pas faire ; craindre que les avantages que nous possédons soient pour les autres une occasion d’achoppement.
L’épreuve changée en bénédiction
« Les ânesses de Kis, père de Saül, s'égarèrent... » (1 Samuel 9.3)
Une épreuve peut devenir une source de bénédiction. Kis ne se doutait pas qu’en perdant ses ânesses, son fils trouverait une couronne. Dieu, lorsqu’il appelle les hommes afin de les rendre attentifs à sa voix, les arrache à leurs habitudes (l’éloignement), à leurs richesses (dépouillement), à leur santé (maladie).
Soumission et obéissance
« … et Kis dit à Saül, son fils: Lève-toi, va, et cherche les ânesses » (1 Samuel 9.3).
Saül obéit à son père ; il le fait avec persévérance. En le faisant, il se soumet à Dieu et se prépare à recevoir l’appel de l’Eternel. Soumission et obéissance sont deux qualités requises de qui veut servir Dieu.
Savoir écouter les conseils
« Saül dit à son serviteur : Tu as raison ; viens, allons ! » (1 Samuel 9.10).
Saül écoute le sage et pieux conseil de son serviteur. S’il ne l’avait pas fait, serait-il devenu roi ? Savoir écouter les conseils est la marque d’une piété saine. Ceux qui ne veulent en faire qu’à leur tête, qui prétendent avoir toujours une opinion assurée, un avis réfléchi sur tous les problèmes et qui méprisent les conseils de ceux qu’ils considèrent comme moins éclairés, moins intelligents, sont aussi impropres au service de Dieu.
« Tournez-vous pour écouter mes réprimandes! Voici, je répandrai sur vous mon esprit, je vous ferai connaître mes paroles... Puisque j'appelle et que vous résistez, puisque j'étends ma main et que personne n'y prend garde, puisque vous rejetez tous mes conseils, et que vous n'aimez pas mes réprimandes, moi aussi, je rirai quand vous serez dans le malheur, je me moquerai quand la terreur vous saisira, quand la terreur vous saisira comme une tempête, et que le malheur vous enveloppera comme un tourbillon, quand la détresse et l'angoisse fondront sur vous. Alors ils m'appelleront, et je ne répondrai pas; ils me chercheront, et ils ne me trouveront pas. Parce qu'ils ont haï la science, et qu'ils n'ont pas choisi la crainte de l'Éternel, parce qu'ils n'ont point aimé mes conseils, et qu'ils ont dédaigné toutes mes réprimandes, ils se nourriront du fruit de leur voie, et ils se rassasieront de leurs propres conseils. » (Proverbes 1.23-31)
« La voie de l'insensé est droite à ses yeux, mais celui qui écoute les conseils est sage. » (Proverbes 12.15)
« C'est seulement par orgueil qu'on excite des querelles, mais la sagesse est avec ceux qui écoutent les conseils. » (Proverbes 13.10)
« Écoute les conseils, et reçois l'instruction, afin que tu sois sage dans la suite de ta vie. » (Proverbes 19.20)
« L'huile et les parfums réjouissent le cœur, et les conseils affectueux d'un ami sont doux. » (Proverbes 27.9)
« Tu me conduiras par ton conseil, puis tu me recevras dans la gloire. » (Psaumes 73.24)
Quel terrible travers que de toujours penser avoir raison !
Une révélation à un serviteur de Dieu
« Lorsque Samuel eut aperçu Saül, l’Eternel lui dit : « Voici l’homme dont je t’ai parlé » (1 Samuel 9.17).
Dieu révéla à Samuel qu’il allait lui envoyer un homme. Quand Saül fut en présence du prophète, Dieu dit : « C’est lui ! » Une vocation peut aussi être communiquée par une révélation à un serviteur de Dieu. Nous ne pensons pas qu’il soit scripturaire d’établir des ministères par le moyen des dons spirituels comme le font les églises apostoliques. Il y a une fausse interprétation du texte de Actes 13.1-3. Il n’en demeure pas moins vrai que Dieu peut donner à tel de ses serviteurs la révélation que tel chrétien a été choisi pour être son serviteur.
L’intimité avec Dieu
« Samuel dit à Saül : Dis à ton serviteur de passer devant nous » (1 Samuel 9.27).
« Et Saül répondit à son oncle: Il nous a assuré que les ânesses étaient retrouvées. Et il ne lui dit rien de la royauté dont avait parlé Samuel. » (1 Samuel 10.16)
L’appel pour le service est souvent quelque chose d’intime que l’on reçoit du Seigneur, qui a besoin d’être mûri dans le cœur avant d’être rendu public. Il n’est pas bon de parler de toutes les révélations que Dieu nous a données. Il vaut mieux que les autres s’aperçoivent de notre intimité avec le Seigneur et de l’appel qui nous a été adressé plutôt que de l’apprendre de nous sans qu’ils aient l’occasion de le découvrir.
La Parole de Dieu ne peut pas non plus se faire entendre dans le brouhaha de la vie, même de la vie chrétienne, même du service. L’enfant de Dieu a besoin de solitude et de silence.
Un acte du Saint-Esprit
« Samuel prit une fiole d’huile qu’il répandit sur la tête de Saül » (1 Samuel 10.1).
La vocation est un acte du Saint-Esprit. C’est lui qui appelle, qui oint, qui marque de son sceau. Les ministères sont des dons de Christ à l’Église (Ephésiens 4.10-11). Un appel s’accompagne toujours d’une action du Saint-Esprit, ou plus exactement, l’action du Saint-Esprit constitue cet appel. Celui qui est appelé au service du Seigneur doit sentir sur sa tête l’onction qui le met à part et qui fait de lui un agent du Saint-Esprit.
« Tu en revêtiras Aaron, ton frère, et ses fils avec lui. Tu les oindras, tu les consacreras, tu les sanctifieras, et ils seront à mon service dans le sacerdoce. » (Exode 28.41)
« Mais David dit à Abischaï: Ne le détruis pas! car qui pourrait impunément porter la main sur l'oint de l'Éternel? » (1 Samuel 26.9)
« Ils se montrèrent, dans le camp, jaloux contre Moïse, contre Aaron, le saint de l'Éternel. » .(Psaumes 106.16)
Les signes divins
« Aujourd’hui, après m’avoir quitté, tu trouveras deux hommes.» (1 Samuel 10.2-8))
Samuel, qui veut que le jeune Saül se sache vraiment choisi par Dieu, lui révèle quelques faits qui lui surviendront, afin qu’ils soient des signes. Nous avons dit qu’il était dangereux de rechercher des signes, mais il faut faire une différence entre le signe que l’homme recherche et les faits accordés par Dieu pour nous encourager. Dieu révèle souvent un peu de l’avenir. Quel réconfort pour un serviteur de Dieu que de constater que les choses s’accomplissent comme Dieu les lui avait annoncées ! Quelle confirmation de l’appel !
Plénitude de l’Esprit et transformation
« l’Esprit de l’Éternel te saisira, tu prophétiseras, et tu seras changé en un autre homme. » (1 Samuel 10.6)
Ce verset est un des plus importants. Ce qu’il exprime doit obligatoirement se retrouver dans toute vocation.
1. Nécessité d’être rempli de l’Esprit. Aucun service ne peut être fécond à moins d’entrer dans cette expérience.
2. Nécessité d’une transformation : être un autre homme. C’est évidemment ce qui se passe à la conversion. Mais cette transformation de la personnalité, du caractère, du genre de vie, des conceptions, est plus nécessaire encore chez un serviteur de Dieu. Nous devons tendre à nous laisser transformer en un autre homme par le Saint-Esprit.
3. Avant d’être roi, Saül doit être un prophète. Il faut être inspiré pour pouvoir gouverner. Pour servir Dieu, il faut savoir parler par lui.
4. Nécessité de posséder des dons spirituels pour servir le Seigneur. Il faut avoir des dons spirituels pour la direction de l’Assemblée et même pour la prédication.
L’intelligence et le bon sens dans le service de Dieu
« Fais ce que tu trouveras à faire, car Dieu est avec toi. » (1 Samuel 10.7)
Comme nous sommes heureux de trouver cette phrase après tant de révélations ! Dieu ne veut pas annihiler notre liberté, ni faire de nous des automates. Il nous a donné une intelligence et un bon sens dont nous avons le devoir de nous servir. Il est dangereux et peu spirituel (malgré les apparences) de toujours s’attendre à des révélations et des inspirations extraordinaires. Dieu est avec nous, c’est pour cela que nous devons aller de l’avant avec l’assurance qu’il ne permettra pas que nous nous égarions. Si nous lui avons remis notre intelligence et s’il a pu la sanctifier, elle peut donc aussi nous servir.
La vocation confirmée
« Présentez-vous maintenant devant l’Éternel. » (1 Samuel 10.19-25)
Il put sembler à Saül que Dieu l’avait oublié. Mais non. Comme Moïse, l’heure vint où cette vocation put être confirmée aux yeux de tout le peuple rassemblé. Jésus, notre modèle, dut attendre trente années.
1. Ne pas partir avant l’heure de Dieu.
2. Ne pas retarder, par un manque de foi, l’heure où Dieu nous veut à son service.
L’humilité
« Voici, il est caché vers les bagages. » (1 Samuel 10.21-22 ; 15.17)
Saül est humble à ses propres yeux. Il ne se considère pas plus qu’il n’est. Au moment de servir, il hésite devant la grandeur de la tâche et le sentiment de son impuissance. Il ne sut pas demeurer dans cet état et c’est ce qui fit son malheur. L’humilité est une des plus importantes vertus pour un serviteur de Dieu.
L’épreuve d’une vocation : le mépris des hommes
« Quoi ! C’est celui-ci qui nous sauvera ! Et ils le méprisèrent. » (1 Samuel 10.27)
Il arrive parfois que le ministère soit contesté par des hommes même très consacrés. Lorsqu’on s’engage au service de Dieu, des portes s’ouvrent et des cœurs se réjouissent, mais il est aussi des portes et des cœurs qui se ferment. C’est une des premières épreuves de la vocation. Dieu peut employer de telles circonstances pour nous éprouver.
Les fruits de la vocation
« Venez et allons à Guilgal pour y confirmer la royauté. » (1 Samuel 11.14)
Saül donne au peuple une confirmation de son élection. Il fit preuve de foi et de courage et fut une occasion de victoire pour Israël. Les signes d’une vocation réelle, ce sont ses fruits (voyez 1 Corinthiens 9.2). Saül délivre les Jabésiens et unit Israël dans le service en ranimant, par sa foi et son courage, la foi et le courage de tout le peuple.
Si nous ne pouvons pas conduire des vies à la victoire, nous sommes de pauvres serviteurs de Dieu. Si nous n’avons que des sermons pour les hommes et ni foi ni courage communicatif, il y a bien des risques que nous n’ayons jamais été choisis par le Seigneur. Notons pourtant, que ce qui confirme la vocation, ce sont les fruits réels de qualité, et non pas les fruits « tapageurs » d’un succès charnel.
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